Lettre pour le financement
des étudiants SHN de l'ENKRE

Début juillet, les étudiants Sportifs de Haut Niveau (SHN) de l’IFMK de Saint-Maurice (ENKRE) ont vu leurs frais de scolarité passer de 232€/an à 7267€/an.
Encore une fois, une région se désengage du financement des études de masso-kinésithérapie ! A 4 ans des Jeux Olympiques de Paris 2024, les 50 SHN de l’ENKRE se retrouvent dans une situation inacceptable ! La FNEK leur apporte son soutien et continuera à lutter contre ces frais de scolarité aberrants.
Madame, Monsieur,
 
Nous sommes escrimeurs, judokas, footballeurs, athlètes, badistes, rugbymans, pongistes, kayakistes, archers, sportifs de haut-niveau. Nous vous alertons car notre double projet est en péril.
 
Nous sommes étudiants à l’Ecole Nationale de Kinésithérapie et de Rééducation (ENKRE) de Saint-Maurice (94) en parallèle de nos carrières sportives. La plupart d’entre nous s’entraîne à l’INSEP qui se situe à quelques kilomètres de Saint-Maurice, ce qui explique la forte présence des sportifs de haut niveau (50 étudiants) dans cette école.
 
La plus grande majorité d’entre nous est entrée à l’ENKRE après avoir effectué une L1 STAPS, via une passerelle destinée aux sportifs de haut-niveau. Depuis cette rentrée en première année, nos fédérations prennent en charge notre aménagement scolaire (dédoublement des années, aménagement des horaires, cours supplémentaires, etc…) pour nous permettre de mener à bien notre double projet. De notre côté nous finançons nos frais de scolarité (232€ par année) comme tout étudiant de cette école en formation initiale.
 
Au début de l’été, nous avons appris que la région Ile de France, qui finance notre école publique, avait décidé de ne plus prendre en charge la scolarité des sportifs de haut niveau à partir de la rentrée 2020-2021. La réunion durant laquelle cette décision a été prise s’est apparemment déroulée sans nos représentants. L’école a ensuite directement répercuté ce manque à gagner en se tournant vers nous. Si nous voulons continuer nos études, nous devrons donc nous acquitter de la somme de 7267 euros par année d’étude. Parallèlement, nous ne sommes pas éligibles aux bourses sur critères sociaux du conseil régional, ce qui met dans une grande précarité les plus fragiles d’entre nous. Cela représente donc un montant très important pour des étudiants-sportifs de haut-niveau qui sont bien souvent amateurs, c’est-à-dire peu ou non rémunérés.
 
Nous nous retrouvons donc dans l’incompréhension la plus totale face à cette situation où nous sommes pénalisés par notre statut de sportif. Ce changement compromet notre scolarité et remet en question notre avenir sportif … Devons-nous arrêter notre carrière sportive ? Devons-nous arrêter notre scolarité ? Tant de questions qui se chevauchent et qui nous plongent dans une véritable inconnue pour notre futur. Le système actuel nous condamne à abandonner notre double projet pour cause de financement.
 
Pourtant, nombreux des anciens étudiants athlètes de l’école, Samir Ait-Said, Axel Clerget, Enzo Lefort, Vanessa Boslak pour ne citer qu’eux, vous diront que ce double projet leur a permis de se construire un équilibre en s’assurant un avenir. Tous vous diront également que cela a été possible grâce à une sérénité financière.
 
A 4 ans des Jeux Olympiques et Paralympiques accueillis par notre pays, comment se fait-il que l’avenir de nos athlètes soit ainsi remis en cause ? Face à cette nouvelle charge financière et mentale, comment pouvons-nous penser que nos athlètes seront en mesure de se préparer dans de bonnes conditions pour aborder de façon optimale les Jeux de Tokyo, puis ceux de Paris ?
 
Nous nous sommes donc rassemblés afin que nos voix soient entendues. En effet, les instances du sport Françaises se détournent de nos difficultés dont nous avons informé les ministères des Sports et des Solidarités et de la Santé. Ces derniers ont organisés une réunion où étaient représentés l’Agence Nationale du Sport (ANS) et le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF). Malheureusement la région Île de France, également conviée, n’a pas répondu présente. Suite à cette réunion, nous avons été informés que nous ne bénéficions d’aucune aide pour la rentrée 2020 et qu’aucune solution n’a été trouvée. Nous nous retrouvons donc dans une impasse la plus totale tant que la région Île-de-France n’acceptera pas de s’asseoir à la table afin de motiver sa décision.
 
Au nom de notre collectif de sportifs de haut-niveau de l’ENKRE, nous nous tournons vers vous pour dénoncer et médiatiser cette situation. Nous souhaitons des solutions, qu’elles soient régionales, nationales ou ministérielles pour pérenniser notre avenir sportif et professionnel.
 
Sportivement,
 
Le collectif des sportifs de haut niveau de l’ENKRE
Soutenu par le Bureau des Etudiants de l’ENKRE (EEKSM) et par la Fédération Nationale des Etudiants en Kinésithérapie (FNEK)